LA CONSOLIDATION DE LA PAIX EN COLOMBIE

Document de discussion par Eleanor Douglas
22 juin 2000



4. L'APPUI CANADIEN À LA PAIX EN COLOMBIE




4. L'APPUI CANADIEN À LA PAIX EN COLOMBIE

La plupart des Canadiens et Canadiennes auraient de la difficulté à saisir ce que des décennies de violence et de répression continuelles ont fait subir à la population colombienne et à ses organisations; toutefois, comme on pourra l'observer dans les points présentés rapidement ci-dessous, divers secteurs de la société canadienne s'intéressent de plus en plus à la Colombie.

  • La visite au Canada du président Pastrana en mai 1999 et la visite en Colombie du ministre Axworthy en janvier 2000 constituent une indication que les relations bilatérales entre les deux pays deviennent de plus en plus importantes.
  • Les tribunaux d'opinion internationaux tenus à Toronto et à Montréal en 1999 en réponse au massacre de Barrancabermeja de 1998 ont développé la sensibilisation au Canada à l'horreur de la violence paramilitaire et aux graves et incessantes violations des droits humains.
  • Le Comité permanent des Affaires étrangères a tenu pour la première fois en décembre 1999 des audiences sur la situation en Colombie.
  • L'ACDI, l'Agence canadienne de développement international, procède à un examen de sa programmation avec la consolidation d'une paix durable comme thème central de son prochain plan quinquennal.
  • Au cours des deux dernières années, la Colombie a été un des quatre pays vedettes à la Consultation annuelle sur la consolidation de la paix et les droits humains du MAECI.
  • Un nombre réduit mais grandissant d'ONG et d'Églises ainsi que le CRDI (Centre de recherche et de développement international) désirent faire de la prospective ou rehausser leur programme d'appui à la consolidation d'une paix et d'une justice durables en Colombie.
  • Même si la communauté universitaire ait jusqu'à ce jour accordé peu d'attention à la Colombie, elle examine plusieurs pistes de collaboration nouvelles.
  • Le mouvement syndical canadien est de plus en plus actif dans l'appui aux initiatives colombiennes, le pays ayant depuis plusieurs années le plus haut taux d'homicide chez les syndicalistes.
  • Malgré la dure récession de 1998 et 1999, dont la Colombie commence à se relever à peine, les entreprises canadiennes et colombiennes veulent développer le commerce bilatéral et explorer de nouvelles opportunités d'investissement.
  • Et finalement, les organisations de droits humains canadiennes et les groupes de solidarité Colombie-Canada ont redoublé leurs efforts pour signaler que les violations des droits humains, l'impunité et la corruption mineront les efforts de paix si elles ne sont pas traitées adéquatement dans le contexte actuel.

4.1.0. LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE DU CANADA

La Colombie est récemment devenue un pays prioritaire pour le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international et d'un nombre croissant de politiciens canadiens. Depuis un an, la Colombie est beaucoup plus en évidence pour une série de raisons : les préoccupations humanitaires; l'importance croissante du programme de sécurité humaine et sa corrélation évidente avec la situation en Colombie; une Ambassade active sur plusieurs fronts (surveillance des droits humains, accompagnement de groupes à la base, échanges culturels, consolidation de la paix, diplomatie, commerce et investissement, etc.); une préoccupation généralisée pour le trafic des stupéfiants, la corruption et la sécurité; un nombre important de réfugiés politiques qui ont obtenu asile au Canada; 44 et plusieurs années de lobbying sur la question des droits humains, notamment par les Églises et les syndicats canadiens. Alors que le Canada occupera un rôle important dans les affaires hémisphériques au cours des douze prochains mois et siège au Conseil de sécurité des Nations Unies, ces changements revêtent une importance considérable pour les Canadiennes et Canadiens et devraient constituer un point de référence pour les Colombiens et Colombiennes.

Au cours de la dernière décennie, le concept de sécurité humaine a été au cœur de la politique étrangère canadienne. Le ministre Axworthy a déclaré que « depuis la fin de la Guerre froide, la sécurité de la majorité des États a augmenté alors que celle d'un grand nombre de peuples du monde a diminué... La mondialisation a produit de nombreux avantages, mais il a aussi signifié une montée des crimes violents, du trafic des stupéfiants, du terrorisme, des maladies et de la détérioration de l'environnement... Une approche centrée sur la sécurité humaine n'est pas simplement synonyme d'action humanitaire. Elle souligne le besoin de s'attaquer aux causes profondes de l'insécurité et de contribuer à assurer la sécurité future des peuples. » 45 Bien qu'un tel cadre puisse sembler « radical » (discours sur les causes fondamentales, droits humains, etc.), il présente aussi plusieurs défis : comment mener une politique cohérente qui concilie des intérêts contradictoires et comment établir les priorités? Comme Jean Daudelin de l'Institut Nord-Sud le souligne, « le nouveau discours sur la sécurité est très morcelé. Au-delà de la longue liste de menaces et de l'affirmation éculée que celles-ci sont interreliées, on a peine à saisir ce que ce paradigme ajoute exactement à l'ancienne vision des conflits et du développement. » 46 Dans le cas de la Colombie, il n'est pas clair comment le programme de sécurité humaine du Canada serait appliqué de manière à avoir un effet distinct de celui de la politique étrangère actuelle.

Avec la récente visite en Colombie du sous-ministre adjoint, George Haynal, qui faisait suite à la visite du ministre Axworthy en janvier, les deux pays ont formalisé une déclaration d'intention relative à la coopération actuelle. Les détails concernant l'engagement du Canada à fournir un appui bilatéral aux personnes déplacées, à la réforme du secteur public, au remplacement des cultures illicites et à la formation dans la lutte contre la corruption seront finalisés au cours des prochains mois. Les décisions que les pays donateurs prendront concernant l'appui international au Plan Colombia lors de rencontres en Angleterre en juin et en Espagne en juillet pousseront le Canada à clarifier sa contribution. Des porte-parole du gouvernement ont insisté que l'aide canadienne ne suivrait pas l'exemple du Plan Colombia des États-Unis, c'est-à-dire qu'elle ne comportera pas d'aide militaire. Cependant, on attend toujours une critique officielle de l'intention fondamentale de ce plan et des contradictions existant entre ses nombreuses versions. L'approche adoptée semble être passive plutôt qu'active. Le gouvernement canadien est bien conscient de la corruption très répandue à de nombreux niveaux du gouvernement colombien et fera vraisemblablement preuve de prudence avant de débourser des « fonds réels » aux ministères colombiens. Cependant, on ne connaît toujours pas la position du gouvernement canadien quant aux grandes questions définies par les ONG colombiennes, canadiennes et internationales.

En ce qui concerne le processus de paix actuel, l'Ambassade du Canada à Bogota a indiqué au gouvernement Pastrana que le Canada était prêt à fournir l'aide nécessaire aux négociations « si les parties concernées la demandent ». Cependant, pragmatique, le président veut savoir si le Canada a quelque chose en particulier à offrir. La riche expérience de collaboration du Canada lors des conflits en Amérique centrale dans les années 80 pourrait peut-être fournir quelques modèles d'engagement actif dans le processus de paix colombien, particulièrement avec les intervenants de la société civile. L'Ambassade canadienne à Bogota est particulièrement intéressée à promouvoir une plus grande participation et présence des ONG canadiennes en appui au processus de paix en Colombie et est elle-même active dans l'accompagnement d'ONG colombiennes, d'organisations de droits humains, de groupes culturels et de communautés de personnes déplacées – le personnel de l'Ambassade est connu dans de nombreux coins du pays en raison de l'approche pro-active qu'elle a adoptée avec un large éventail d'organisations de la société civile. Un groupe de pays « amis de la Colombie » créé récemment, comprenant la Suisse, l'Espagne, la Norvège, Cuba et la France, et dont le mandat est d'accompagner le processus de négociation avec l'ELN pourrait accroître la participation internationale au processus de paix et son appui à celui-ci. Le gouvernement du Canada et d'autres gouvernements et diplomates mettent activement de l'avant depuis un certain temps qu'il faut une entente globale entre le gouvernement et les FARC portant sur les droits humains et le droit humanitaire international.

En général, on peut dire que la plupart des Colombiens et Colombiennes connaissent très peu le Canada. Ils considèrent que le Canada est « un pays bon et généreux », un pays plus pacifique et modeste que les États-Unis et nombre de pays européens, un pays riche sans passé colonial, et en général, un ami inoffensif et fidèle. On se rappelle encore partiellement de l'héritage du discours libéral des années Pearson sur la consolidation de la paix et on s'attend à ce que le Canada appuie la paix et non la guerre dans le contexte actuel.

4.1.1. Programmation de l'ACDI

Au moment d'écrire ces lignes, l'ACDI procède à un examen en profondeur de sa programmation en Colombie. Selon les informations obtenues à ce jour, elle procéderait à une réorganisation du plan quinquennal actuel afin d'y intégrer une perspective de consolidation de la paix et de droits humains en vue d'initiatives à venir. Ce changement constitue une amélioration heureuse par rapport au plan antérieur et reflète un discernement croissant des besoins de la Colombie. Avec un budget annuel d'environ 5 millions $CAN, le programme est relativement petit de sorte que l'on cherche à utiliser plus efficacement les ressources disponibles. L'ACDI a invité les ONG à lui présenter leurs propositions.

4.1.2. Politique relative au commerce et aux investissements

Les échanges commerciaux bilatéraux avec la Colombie représentent un faible pourcentage de l'ensemble du commerce international canadien; par contre, elles étaient en expansion avant que ne frappe la récente récession en Colombie. La modeste relance de l'économie colombienne prévue pour le premier semestre de 2000 laisse présager que les échanges reprendront leur croissance. La Colombie est le quatrième partenaire commercial du Canada en Amérique latine, après le Mexique, le Brésil et le Venezuela, de sorte qu'il ne faut pas prendre à la légère l'importance de la relation commerciale, particulièrement pour l'avenir. Selon le ministre Pettigrew, « nous sommes un pays commerçant. L'année dernière {1998}, nous avons exporté 42,5 % de notre PIB. C'est 30 % de plus qu'au début de la décennie... Le Canada exporte proportionnellement 4 fois plus que les États-Unis et 3 fois plus que le Japon... La participation aux marchés mondiaux constitue la voie de la prospérité pour le Canada et nous devons la suivre. » 47 Les organisateurs communautaires, les travailleurs en droits humains et les militants de la paix ne sont pas contre le commerce en soi, mais ils s'inquiètent de l'insensibilité croissante quant à l'impact négatif de la libéralisation du commerce, de la privatisation et de la déréglementation sur les personnes à faible et moyen revenu, particulièrement dans les pays moins développés, dont la voix est faible et souvent ignorée aux tables de négociation des riches et des puissants. L'accès aux marchés des sociétés canadiennes constitue toujours le critère presqu'exclusif de la politique commerciale du Canada qui n'a jamais sérieusement abordé les critiques et les préoccupations soulevées par le mouvement syndical et les ONG concernant l'apparition d'une crise généralisée.

Lors d'une récente visite organisée par la Chambre de commerce canado-colombienne à Bogota, seuls trois conférenciers (l'Ambassadeur du Canada, le premier secrétaire canadien et l'Ambassadeur de la Colombie au Canada) ont fait explicitement référence au besoin de protéger les droits des travailleurs, les normes environnementales et le salaire minimum vital tout en encourageant activement le commerce et les investissements. Un profond fossé séparant le programme commercial des gens d'affaires colombiens et canadiens d'une part, et la réalité politique colombienne, d'autre part, semblait être une constante sous-jacente lors de cette rencontre. Comme nous l'avons indiqué plus tôt, on ne peut séparer les niveaux croissants de violence sociale en Colombie des réformes qui ont échoué au cours des 15 dernières années, réformes que le Canada a appuyées avec enthousiasme dans le cadre de sa stratégie d'ensemble en matière de politique étrangère. Cette absence de cohérence politique constitue un point de discussion permanente entre le gouvernement canadien et les organisations syndicales, sociales, de développement international et de droits humains canadiennes. Souvent, les politiques semblent avoir deux discours sur ces questions.

4.2.0. LES INTÉRÊTS CROISSANTS DU SECTEUR PRIVÉ CANADIEN EN COLOMBIE

Les firmes canadiennes investissent principalement dans les secteurs suivants : télécommunications, agriculture, produits agro-alimentaires, équipements et services pétroliers et gaziers et équipements et services environnementaux. Les télécommunications sont considérées comme le secteur de croissance le plus rapide et qui offre le plus de potentiel. Les privatisations ont ouvert de nouveaux champs d'investissement et la confiance régnerait parmi les investisseurs canadiens en ce qui concerne la stabilité à long terme de l'environnement réglementaire colombien régissant des secteurs importants comme les télécommunications et l'hydroélectricité – des secteurs où les travailleurs sont persécutés et luttent depuis plusieurs années pour faire reconnaître leurs droits. Il faut que les investisseurs canadiens en Colombie, notamment ceux dont les projets se trouvent dans les régions où sévissent des conflits, cherchent à se familiariser avec la réalité politique, économique, sociale et culturelle du milieu où ils interviennent, les répercussions que leur présence a, ou aura, sur les communautés, et finalement, les aspirations de la population qui les côtoie. Ils doivent accepter leur devoir d'agir en tant que citoyens corporatifs généreux et informés qui ne se contentent pas de seulement prendre, mais qui savent aussi donner de manière appropriée et non paternaliste aux communautés locales. Par exemple, les organisations autochtones et les communautés paysannes dans le département de Putumayo, une région extrêmement sensible en raison des retombées du Plan Colombia, mènent présentement des négociations préliminaires avec la société Alberta Petroleum. On encourage activement les investissements directs en Colombie, probablement avec l'appui de la Société pour l'expansion des exportations, et même si le gouvernement du Canada dispose de moyens judiciaires et juridiques limités pour punir les agissements inacceptables des sociétés, les ONG et les groupes communautaires deviendront certainement mieux informés et plus actifs dans les années à venir. Une fois de plus, les Colombiens et Colombiennes luttant pour le développement démocratique et équitable ne s'opposent pas à l'investissement en soi mais ils veulent que le secteur corporatif se comporte de manière éthique et respecte les désirs de la population.

4.3.0. LA SOCIÉTÉ CIVILE CANADIENNE DE PLUS EN PLUS INQUIÈTE

Comparativement à de nombreux autres pays latino-américains, la présence de la société civile canadienne en Colombie a été faible, probablement en raison de plusieurs facteurs interreliés :

  • La complexité de la situation et la violence omniprésente ont eu un effet dissuasif sur les programmes exigeant une présence sur le terrain.
  • Comme la Colombie était relativement prospère en termes économiques généraux comparativement avec l'Amérique centrale, par exemple, l'aide au développement a été dirigée en priorité vers d'autres pays.
  • En raison de la nature rigidement conservatrice de la hiérarchie de l'Église catholique colombienne, les missionnaires et les représentants des ordres catholiques canadiens progressistes étaient moins nombreux que dans d'autres pays, comme au Pérou ou en Équateur, par exemple. Ainsi, la population canadienne n'a pu profiter de ce type de contact et d'expérience.
  • Les Colombiens et Colombiennes ont eu tendance à se replier sur eux-mêmes durant la majeure partie du 20e siècle et ce n'est que récemment que les représentants d'ONG et de mouvements sociaux ont commencé à participer régulièrement aux rencontres internationales, au Canada et ailleurs.
  • Le très fort nombre de soi-disant organisations de la société civile, et le morcellement que nous avons mentionné plu tôt dans le présent document, ont contribué à brouiller la situation pour les étrangers.
  • La répression permanente contre les mouvements populaires et politiques légaux et la prolifération des organisations de guérilla ont compliqué encore plus la participation des ONG désirant travailler sur les questions politiques dans leur propre pays.
  • Et finalement, alors que l'intérêt grandissait, principalement en raison de la sévérité de la crise des droits humains et plus récemment à cause des perspectives de négociation, et éventuellement de paix, les ressources disponibles au Canada pour les ONG de développement international diminuaient.

La situation évolue lentement alors que l'on examine de nouvelles initiatives; cependant, un des principaux défis sera d'avoir accès à des ressources limitées. Les notes qui suivent présentent un bref aperçu d'une partie du travail réalisé actuellement par les organisations de la société civile canadienne en Colombie. Ces activités sont directement ou indirectement liées à la consolidation de la paix.

4.3.1. Églises canadiennes

Ce sont surtout les Églises, par le biais du CIÉDHAL (Comité inter-Églises sur les droits humains en Amérique latine) et de Développement et Paix, qui ont maintenu tant en Colombie qu'au Canada une programmation à long terme et des activités de lobbying et de promotion : le premier se spécialisant dans la surveillance des droits humains et l'accompagnement depuis la fin des années 80 et le second se consacrant au développement communautaire et démocratique en accordant une attention particulière aux organisations autochtones colombiennes. L'année dernière, l'Inter-Church Action (ICA) a décidé d'appuyer les projets de consolidation de la paix. Le Comité central mennonite administre son programme colombien depuis l'Ohio suite à une décision administrative interne mais l'appui canadien à ce programme demeure important. Nous avons déjà mentionné plus haut l'important travail de développement communautaire appuyé par l'Église mennonite en Colombie par le biais de son organisation sœur, Mencoldes, et des projets innovateurs de consolidation de la paix coordonnés par Justapaz.

4.3.2. Solidarité et droits humains

Un nombre important d'organisations de droits humains et de solidarité développent l'appui à leur homologues colombiens et font de la sensibilisation au Canada sur la terrible situation des droits humains en Colombie. En plus de son réseau d'action urgente qui s'intéresse à la Colombie, Amnesty International collabore avec d'autres groupes canadiens pour attirer l'attention sur les difficultés et les dangers particuliers auxquels sont confrontés les défenseurs de droits humains en Colombie. Le Comité chrétien de Montréal répond invariablement à la crise des droits humains en Colombie et, conjointement avec le CIÉDHAL, s'est chargé de l'organisation bien publicisée à Montréal et à Toronto des Tribunaux sur le massacre paramilitaire de Barrancabermeja en mai 1998. Les organisations de solidarité colombo-canadiennes ont développé l'éventail de leurs activités notamment à cause du nombre de Colombiens et Colombiennes qui arrivent au Canada et des besoins grandissants.

4.3.3. Organisations syndicales

Depuis plusieurs années, le mouvement syndical colombien, et plus particulièrement la CUT, Centrale unie du travail, constitue une priorité pour la solidarité, la promotion et le lobbying du mouvement syndicale canadien étant donné qu'année après année, la Colombie est au premier rang mondial au chapitre des assassinats de syndicalistes. Le Congrès du travail du Canada (CTC) et les Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA) appuient un programme de formation de femmes cadres au sein de la CUT ainsi qu'un important centre d'éducation et de recherche syndicale dans la ville de Medellin. Ils ont aussi consacré beaucoup d'efforts à des activités de lobbying et de sensibilisation au Canada sur une série de questions relatives aux droits sociaux, syndicaux et humains en Colombie Les échanges entre les syndicalistes colombiens et canadiens ont permis de sensibiliser la population canadienne à la situation difficile qu'affrontent leurs homologues en Colombie. Le CTC appuie des projets sur la Colombie par le biais de plusieurs organisations internationales et les TCA ont accordé leur appui aux projets colombiens des Peace Brigades International ainsi que du Comité canadien d'action sur le statut de la femme. Les Tribunaux d'opinion de Barrancabermeja ont aussi reçu l'appui et la collaboration des TCA.

4.3.4. Organisations de femmes

Les membres du Comité canadien d'action sur le statut de la femme (NAC) ont récemment choisi la Colombie comme pays prioritaire pour leurs activités internationales. Le NAC entretient depuis plusieurs années des liens avec les femmes afro-colombiennes déplacées de la côte pacifique de la Colombie. Son soutien, notamment par l'accompagnement, répond à un besoin auquel peu d'organisations internationales répondent.

4.3.5. Organisations universitaires et de recherche

Les professeurs d'université et les chercheurs canadiens font peu de travail systématique sur la Colombie. Cependant, l'initiative récente d'un projet spécial sur la Colombie, auquel participent le Centre de recherche sur l'Amérique latine et les Caraïbes (CERLAC), le Nathason Centre for Crime Prevention et le Centre for Refugee Studies de l'Université York, pourrait procurer une nouvelle base importante pour l'acquisition de connaissances. Ce projet maintiendra des liens avec les universitaires colombiens tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays (nombre d'entre eux ont dû quitter la Colombie) ainsi qu'avec des centres et des universités ailleurs dans le monde. Le projet donnera un nouvel élan à la recherche appliquée au Canada sur une série de questions liées à la consolidation de la paix en Colombie.

Le programme de Consolidation de la paix et de reconstruction du CRDI (Centre de recherche en développement international) a récemment reçu le feu vert officiel pour explorer les possibilités d'une programmation en Colombie. Une première visite exploratoire a été réalisée plus tôt cette année. Par le biais de la Fondation Arias du Costa Rica, le CRDI appuie déjà un programme de recherche en Colombie avec des groupes de Bogota et de Cali dans le cadre d'une initiative régionale portant sur un projet innovateur d'intégration des personnes déplacées.

La FOCAL (Fondation canadienne des Amériques) a récemment produit un document de réflexion sur le processus de paix en Colombie et les possibilités d'appui et de participation de la part du gouvernement canadien. La Colombie constitue un partenaire important relativement aux problématiques de la drogue et de la sécurité dans l'hémisphère. La FOCAL est intéressée à animer des petits ateliers et des séminaires réunissant divers intervenants sur des questions d'importance pour la Colombie.

L'Institut Nord-Sud, qui ne se concentre sur aucun pays en particulier et que le CRDI appuie financièrement, collabore avec un institut de l'Université d'Antioquia de Medellin dans une recherche portant sur les attitudes, la vision, les préoccupations et les aspirations des communautés autochtones colombiennes vivant dans des régions où les sociétés minières sont actives.

4.3.6. Aide humanitaire

Le Comité international de la Croix-Rouge du Canada et Médecins sans frontières ont des programmes assez importants dans quelques-unes des régions les plus violentes et difficiles de la Colombie, particulièrement dans le nord où la violence des paramilitaires a été particulièrement atroce l'année dernière. Leurs efforts pour répondre aux urgences médicales et fournir des soins médicaux essentiels sur une base continue sont très appréciés dans les hameaux et les communautés rurales éloignées. La demande de services auprès de ces deux organisations est à la hausse alors que le conflit s'aggrave et que les services gouvernementaux pour les déplacés et les victimes de la guerre s'avèrent de moins en moins adéquats.

4.3.7. Accompagnement

Les homologues colombiens apprécient énormément la présence permanente et l'accompagnement physique offerts par Peace Brigades International aux individus et aux organisations menacées. À mesure que le conflit s'intensifie, le nombre de demandes de ce type augmente ainsi que les besoins en volontaires. Les membres canadiens des Brigades de paix sont présents dans certaines des régions les plus difficiles de la Colombie et ils ont fourni au public canadien des informations de première main sur la situation des droits humains et l'importance de leur engagement non violent.

4.3.8. Organisations de développement international

À part les programmes des Églises mentionnés ci-dessus, Interpares a récemment fait un voyage exploratoire en Colombie pour examiner la possibilité d'y ouvrir un programme. Représenté sur le terrain en Colombie par le bureau et le personnel du Project Counselling Service, qui s'intéresse principalement mais non uniquement à la riche problématique des déplacés, Interpares définira sa programmation à une date ultérieure.

Vision mondiale Canada, en tant que membre de sa « famille » internationale, offre actuellement un soutien important à un large programme de développement dans plusieurs régions conflictuelles de la Colombie qui est administré par le personnel terrain de Vision mondiale.

Défense des enfants-International et Cultural Connections ont reçu des ressources du Fonds pour la paix logé à l'ACDI pour un projet participatif visant à former les enfants et les jeunes en tant que bâtisseurs de la paix dans différentes régions du monde. La Colombie a été choisie comme un des pays participants et des jeunes assisteront à la Conférence sur les enfants et la guerre qui aura lieu à Winnipeg plus tard cette année.

Le Fonds canadien pour la paix a établi des liens avec Mass média en faveur de la paix, un groupe colombien de travailleurs et travailleuses des médias qui se consacre à améliorer la présentation des reportages et à ainsi contribuer à réduire la violence et à promouvoir la paix.

Le YMCA du Canada entretient des liens avec des programmes de développement communautaire du YMCA dans trois villes colombiennes.



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Table des matières

44 Le Canada accueillera environ 450 réfugiés politiques en l'an 2000, une importante augmentation par rapport aux années précédentes et un nombre plus élevé que tous les pays européens réunis.

45 Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international; La Sécurité humaine : La sécurité des individus dans un monde en mutation; avril 1999.

46 DAUDELIN, Jean et HAMPSON, Fen Osler, Human Security and Development Policy, un document de conception préparé pour l'Agence canadienne de développement international.

47 Notes d'un discours de l'Honorable Pierre Pettigrew, ministre du Commerce international, Jours de la coopération, 1999.



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